
Salut L’athlète, le coach, le passionné de performance,
La plupart des carrières sportives ne s’arrêtent pas sur une blessure spectaculaire ou une chute soudaine de performance. Elles s’éteignent plus silencieusement. Les sensations deviennent moins nettes. Les progrès ralentissent. La récupération prend plus de temps. L’entraînement “passe moins bien”.
Rien de dramatique, en apparence. Mais quelque chose s’est installé.
Dans Supertraining, Verkhoshansky ne parle pas directement de longévité. Pourtant, tout ce qu’il décrit permet de comprendre pourquoi certains athlètes progressent pendant des années, quand d’autres stagnent ou s’usent malgré un potentiel équivalent.
La clé n’est pas l’intensité. La clé, c’est l’économie.
Dans le langage courant de l’entraînement, on parle beaucoup de charges, de volumes, de récupération, parfois de prévention. Beaucoup moins d’économie fonctionnelle. Pourtant, chez Verkhoshansky, cette notion est centrale, même lorsqu’elle n’est pas nommée explicitement.
Un système performant n’est pas celui qui produit beaucoup. C’est celui qui gaspille peu.
Peu de tension inutile. Peu de co-contractions parasites. Peu de bruit dans la coordination.
Cette économie n’est pas une faiblesse. Elle est la condition même de la répétabilité, et donc de la progression à long terme.
Un des critères implicites de la performance, tel qu’on le lit dans Supertraining, est la capacité à répéter des actions explosives sans perte majeure de qualité.
Pas seulement sur une séance.
Sur une semaine. Sur une saison. Sur plusieurs années.
Lorsqu’un athlète s’use, ce n’est pas toujours parce qu’il en fait trop. C’est souvent parce que chaque répétition lui coûte trop cher.
Trop de tension. Trop d’activation inutile. Trop de sollicitations mal organisées.
La performance devient alors possible… mais non durable.
Avant que les muscles ne lâchent, le système nerveux envoie des signaux. La coordination se dégrade. Le timing devient moins précis. Les sensations deviennent floues.
Beaucoup interprètent ces signaux comme un manque de motivation ou un simple besoin de repos.
Supertraining nous invite à une lecture plus fine.
Ces signaux sont souvent le reflet d’une désorganisation progressive. Le système n’arrive plus à alterner correctement tension et relâchement. Il reste “coincé” dans des stratégies coûteuses.
La fatigue n’est pas toujours une question d’énergie disponible. C’est souvent une question de qualité d’organisation.
Vue à travers une lecture sensori-motrice, cette économie devient encore plus évidente. Un système qui perçoit clairement son environnement, ses appuis, ses trajectoires, envoie des commandes motrices plus précises. Il a besoin de moins de tension pour un même résultat.
À l’inverse, lorsque la perception se brouille, le système compense. Il rigidifie. Il recrute plus que nécessaire. Chaque action coûte plus cher qu’elle ne devrait.
Sur le long terme, cette stratégie est intenable.
Les athlètes qui durent ne sont pas ceux qui encaissent le plus. Ce sont ceux qui ajustent le mieux.
Lorsqu’on observe les athlètes qui traversent les saisons sans perdre leur qualité de mouvement, un point revient toujours. Ils semblent économes. Leurs gestes restent lisibles. Leur posture ne se dégrade pas. Leur timing reste juste.
Supertraining permet de comprendre que cette longévité n’est pas un don.
C’est le résultat d’un système qui a appris à fonctionner avec précision.
À activer ce qui est nécessaire. À inhiber ce qui ne l’est pas. À réduire le bruit.
Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est redoutablement efficace.
Lire Supertraining aujourd’hui, ce n’est pas chercher des méthodes oubliées. C’est adopter une autre manière de regarder l’entraînement. Une manière plus exigeante, mais aussi plus respectueuse du fonctionnement humain.
La question n’est plus seulement : “Est-ce que ça marche ?”
Elle devient : “À quel prix, et pour combien de temps ?”
Ces trois derniers articles ne sont pas des révélations personnelles.
Elles sont le fruit du travail de chercheurs et d’entraîneurs qui ont défriché bien avant nous.
Verkhoshansky, Siff, et d’autres ont posé des bases solides, souvent mal comprises ou simplifiées à l’extrême.
Mon rôle n’est pas d’inventer. Il est de transmettre. De relier ces principes au terrain d’aujourd’hui. Et de rappeler que beaucoup de réponses existent déjà, à condition de prendre le temps de les lire.
Romain KATCHAVENDA
J’ai longtemps cherché un endroit où l’entraînement serait enfin lisible. Un espace où tu comprends ce que tu fais, pourquoi tu le fais, et comment progresser sans t’éparpiller.
Je ne l’ai pas trouvé. Alors j’ai commencé à le construire.
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