
Salut L’athlète, le coach, le passionné de performance,
Il y a une scène que l’on retrouve dans presque tous les sports. Un athlète solide à l’entraînement. Régulier. Appliqué. Capable de produire de belles performances dans un cadre maîtrisé.
Puis, dès que l’intensité monte (compétition, enjeu, fatigue, pression) quelque chose se dérègle. Le geste se dégrade. La coordination se brouille. Les sensations disparaissent.
La lecture la plus courante est immédiate : manque de mental, stress mal géré, pression trop forte.
Pourtant, lorsqu’on revient à Supertraining, une autre explication apparaît, beaucoup plus structurante. Et surtout, beaucoup plus opérante.
Verkhoshansky ne parle pas de “craquer”. Il parle de tolérance du système.
Dans Supertraining, l’intensité n’est jamais réduite à une charge, une vitesse ou un pourcentage. Elle est abordée comme un stress global imposé au système. Un stress mécanique, bien sûr, mais aussi nerveux, coordinatif et informationnel.
Deux athlètes peuvent être exposés à une intensité objectivement identique. L’un s’adapte. L’autre s’effondre.
Non pas parce qu’il est moins courageux, mais parce que son système n’est pas organisé pour tolérer ce niveau de contrainte.
Ce point est fondamental, car il change complètement la lecture de la performance. Ce qui limite l’expression des qualités physiques n’est pas toujours la force, la vitesse ou l’endurance.
Très souvent, c’est la capacité du système nerveux à encaisser sans se désorganiser.
Un des apports majeurs de Supertraining est de montrer que la fatigue ne se manifeste pas toujours là où on l’attend. Avant même que la force ne baisse ou que la vitesse ne chute, c’est la coordination qui se dégrade.
Les temps de contact s’allongent. Les co-contractions augmentent. Les gestes deviennent moins précis.
Ce ne sont pas des signes de faiblesse musculaire. Ce sont des signes de surcharge nerveuse.
Le système n’arrive plus à filtrer correctement l’information. Il garde trop de muscles actifs. Il rigidifie pour se protéger. La performance devient plus coûteuse, puis finit par s’effondrer.
Dans une lecture moderne, très compatible avec la boucle sensori-motrice, le stress n’est pas uniquement une question d’émotion ou de pression psychologique. C’est avant tout une augmentation du bruit dans le système.
Plus l’intensité monte, plus le flux d’informations à traiter est important.
Appuis, trajectoires, adversaires, timing, fatigue. Si le système n’est pas capable de hiérarchiser ces informations, il se retrouve saturé.
Et lorsqu’il est saturé, il adopte une stratégie simple : rigidifier.
Cette rigidité donne parfois l’illusion d’un meilleur contrôle. En réalité, elle signe une perte de finesse. Le mouvement devient moins adaptatif. Moins réactif. Moins précis.
À l’inverse, certains athlètes semblent littéralement se révéler lorsque l’intensité augmente. Leurs gestes deviennent plus précis. Leur timing s’affine. Leur engagement monte sans que la crispation n’apparaisse.
Supertraining permet de comprendre ce phénomène sans invoquer le mythe du “mental d’acier”. Ces athlètes ne sont pas insensibles au stress. Leur système est entraîné à le tolérer.
Ils ont développé une capacité à monter en intensité sans perdre leur organisation interne. Leur système nerveux reste capable d’alterner excitation et inhibition.
La coordination tient. Le bruit reste contenu.
Ce n’est pas une question de caractère. C’est une question d’adaptation.
Une erreur fréquente consiste à chercher à “endurcir” l’athlète face au stress en ajoutant toujours plus de contraintes, plus de charge, plus de pression.
Or, Supertraining montre très clairement que l’adaptation n’est pas linéaire.
Exposer un système déjà proche de la saturation à encore plus de stress ne le rend pas plus robuste. Il le rend plus défensif.
La coordination se dégrade. Le relâchement disparaît. La performance devient instable.
À l’inverse, une exposition progressive, intelligente, permet au système d’apprendre à tolérer des niveaux élevés d’intensité sans se désorganiser.
Ce n’est pas la quantité de stress qui compte.
C’est la capacité du système à le traiter.
Lire Supertraining avec cette grille de lecture change profondément la posture d’accompagnement.
Lorsqu’un athlète s’effondre sous intensité, la question n’est plus “pourquoi il n’a pas tenu”.
Elle devient : qu’est-ce que son système n’a pas réussi à gérer ?
Manque de clarté sensorielle. Surcharge informationnelle. Fatigue nerveuse accumulée.
Autant de paramètres invisibles si l’on ne regarde que les charges, les volumes ou les performances brutes.
Verkhoshansky n’explique pas comment “être fort mentalement”. Il explique pourquoi un système cesse de répondre.
Et ce qu’il montre, encore une fois, c’est que la performance ne s’effondre pas par manque de volonté, mais par désorganisation.
Avant de corriger l’athlète, il faut comprendre le système.
À suivre.
Romain KATCHAVENDA
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