
Salut L'athlète, le coach, le passionné de performance,
Les vidéos tableau blanc, je les ai tournées debout devant un tableau, feutre en main, pour les sportifs que j'accompagne à distance. Si tu les regardes, tu m'entends dire « tu vas voir dans ton plan » ou « tu me fais les retours par message ». Elles ont été faites pour ça : qu'un sportif qui s'entraîne seul, loin de moi, sache exactement quoi faire quand il lit « myo-reps » ou « EDT » dans son tableau de séance.
En les revoyant cette semaine, une chose m'a sauté aux yeux : chacune explique très bien comment faire, mais prise seule, aucune ne dit où elle se range. Et c'est pourtant la question à régler en premier quand tu construis ta préparation physique : à quel moment de ta saison cette méthode a-t-elle sa place ?
C'est une image que j'utilise souvent : une méthode d'entraînement, c'est une épice. Elle relève un plat, elle ne fait pas un repas. Le plat, c'est la programmation qui t'amène en forme le jour de ta compétition.
Le piège, quand une méthode te plaît, c'est de la mettre partout, toute l'année. Des myo-reps en septembre, en janvier et en mai, le même 3/7 pendant six mois. Tu progresses quelques semaines, puis plus rien, et tu ne comprends pas pourquoi tes séances, toujours aussi dures, ne donnent plus rien.
Dans cet article, je te donne la carte. J'ai rangé les vidéos tableau blanc dans l'ordre où elles servent le plus souvent au fil d'une saison : mesurer, construire la base, gagner du muscle, accumuler, aller vers la force, sans oublier les circuits et l'échauffement. Pour chaque méthode, tu as son rôle et son moment. Le détail est dans la vidéo, et l'article dédié va plus loin.
Prends tout ça comme des idées, pas comme un règlement. Ce sont les placements qui reviennent le plus souvent chez moi, pas les seuls possibles : chez un sportif donné, il m'arrive de sortir une méthode de sa case parce que son sport ou son calendrier le demande. Et la carte va grossir. À chaque nouveau tableau blanc tourné, j'ajouterai la vidéo ici, à l'étape où elle sert.
Repère où tu en es dans ta saison, et lis la partie qui te concerne en premier.
Une méthode choisie sans repère de départ, c'est un coup de dés. Pour la course, en athlétisme comme en sports collectifs, le tableau blanc qui sert de point de départ est celui du test 30-15 IFT.
Trois lignes espacées de 20 m, 30 secondes de course en aller-retour, 15 secondes pour marcher jusqu'à la ligne suivante. On part à 8 km/h et chaque palier ajoute 0,5 km/h. Tu t'arrêtes quand tu arrives trois fois de suite en retard sur la zone de tolérance, et ton score est le dernier palier entièrement validé. La fin du test se sent dans les jambes bien avant de se lire sur la feuille : les appuis s'alourdissent, le souffle ne suit plus les relances.
Ce score, c'est ta VMA intermittente, le repère qui sert à caler les vitesses de tes séances de course fractionnée. Sans lui, tu cours à la sensation, et la sensation se trompe souvent.
En salle, je regarde trois mesures en priorité : l'indice de force dynamique, l'indice de force réactive et le profil force-vitesse. Je les détaille dans les trois tests les plus importants en préparation physique. Ils te disent s'il te manque de la force, de la vitesse ou de la réactivité, et tu ne construis pas la même saison selon le maillon qui lâche.
Une fois que tu sais où tu en es, par où commencer ?
Après une coupure ou en début de préparation, je ne remets pas de lourd tout de suite : je reconstruis les fondations. La préparation physique générale que j'utilise enchaîne un bloc aérobie, un bloc lactique puis un bloc alactique, de deux à trois semaines chacun. Chaque filière est travaillée à fond, puis on passe à la suivante.
Sur la piste ou le terrain, le tempo run porte le bloc aérobie. Tu cours à 60 à 70 % de ta vitesse maximale sur la distance, en soignant chaque appui et chaque cycle de jambe, et tu récupères en marchant très lentement. Le cœur monte, les jambes restent légères, et c'est ce qui te permet de garder une technique propre jusqu'à la dernière ligne droite. En sports collectifs, je commence en ligne droite avant de passer au multidirectionnel.
En salle, les séries oxydatives ciblent les fibres lentes, à tempo lent et en tension continue, et je m'en sers beaucoup en sports collectifs. Le Specific Muscle Fiber Density Training pousse plus loin dans la même direction : 40 secondes d'isométrie pour les fibres rapides, une courte pause, puis 60 secondes de répétitions légères en tension continue pour les fibres lentes. La brûlure s'installe dans le muscle sans que tu aies touché une seule charge lourde. Cette vidéo n'est pas visible publiquement sur la chaîne, tu ne la trouves qu'ici.
Le bloc lactique arrive avec l'EDT lactique. Deux exercices, par exemple un squat et un développé couché, alternés par séries de 10 répétitions pendant un temps donné, de 5 à 12 minutes. Tu cherches la densité et la fatigue locale, et tu apprends à garder un mouvement propre quand les cuisses brûlent.
Pourquoi tout commence par l'aérobie, je l'explique dans la phase aérobie de la préparation physique générale. Et si tu sors d'une coupure avec envie d'un bloc déjà construit, c'est le rôle de PPG Express, quatre semaines de circuits en filière aérobie puis lactique avant de repartir sur du lourd.
La base est posée. Reste à gagner du muscle sans passer deux heures en salle.
Les myo-reps sont une réponse simple quand tu manques de temps ou que tu supportes mal les charges lourdes. C'est une forme de rest-pause : une grande série d'activation de 15 à 25 répétitions, menée jusqu'à l'échec ou à une répétition de l'échec, puis des mini-séries de 3 à 5 répétitions séparées par 5 à 15 secondes de pause, ou trois à cinq grandes respirations. Le tout en tension continue : sur une pompe, tu ne verrouilles pas en haut et tu ne poses pas la poitrine en bas. Dès que tu perds une répétition, tu t'arrêtes.
Une série de myo-reps vaut à peu près trois à quatre séries classiques. Comme la charge reste légère, tes tendons et tes articulations encaissent beaucoup moins, ce qui compte quand tu enchaînes déjà les séances sur le terrain.
Quand la méthode est maîtrisée, les heavy myo-reps prennent le relais : une série d'activation de 8 à 10 répétitions sur une charge proche de ton 10-12 RM, puis cinq mini-séries de 3 répétitions, 25 répétitions au plus par grande série. Tu progresses par la charge, ou par la densité en raccourcissant les pauses de 15 à 10 secondes.
L'origine de la méthode et ses avantages sont dans la méthode de musculation des myo-reps.
L'accumulation, c'est la période où tu empiles du volume utile pour construire du muscle et des tissus solides, avant de transformer tout ça en force puis en vitesse. Trois tableaux blancs y trouvent leur place.
Le Darden 30/10/30 met l'accent sur la descente. La première et la dernière répétition se font avec une descente de 30 secondes, les dix du milieu au tempo normal. Trente secondes, c'est long : vers la vingtième seconde, les jambes tremblent et tu as envie de lâcher. Une série par mouvement et une séance par semaine suffisent, et la méthode peut faire l'affaire sur une première phase d'accumulation.
L'isométrie pré-fatigue répond à un autre besoin : un muscle qui ne travaille pas là où il devrait, ou un angle où tu es faible. Tu tiens une position, par exemple en goblet squat cuisses parallèles, en contractant fort comme si tu voulais remonter, puis tu enchaînes directement les répétitions. Le muscle est déjà allumé quand tu commences à bouger, et l'intérêt est double : tu construis du muscle et tu apprends au bon muscle à faire son travail.
Le 3/7 linéaire enchaîne 3, 4, 5, 6 puis 7 répétitions avec 5 à 15 secondes de pause entre chaque bloc, soit 25 répétitions en moins de deux minutes. Le protocole d'origine se fait à 80 % du maximum avec 5 secondes de pause, et il est très dur ; je fais démarrer à 60 % avec 15 secondes. Si tu boucles la série de 7, tu ajoutes de 1,25 à 2,5 kg sur le haut du corps, de 2,5 à 5 kg sur le bas. Je le place en accumulation quand je veux un travail plus marqué sur l'hypertrophie fonctionnelle.
Pour aller plus loin : Darden 30/10/30, l'isométrie pré-fatigue, le 3/7 linéaire, sa version ondulatoire et un retour d'expérience du 3/7 en gymnastique.
Tout ce volume finit par poser une question : quand bascules-tu vers la force ?
Le 3/7 t'a déjà fait goûter au principe des pauses courtes à l'intérieur de la série. Le cluster set en fait un outil de force : quelques secondes de pause entre les répétitions laissent ton énergie immédiate se reconstituer en partie, la fatigue monte moins vite et la barre garde sa vitesse sous une charge élevée. Résultat : tes dernières répétitions ressemblent encore aux premières.
Si tu cherches au contraire à tenir un effort de force longtemps, l'article sur l'endurance de force et « the mother of all sets » prend le problème par l'autre bout.
Deux tableaux blancs servent à un moment de la séance plus qu'à un moment de la saison.
Le circuit controlatéral demande un élastique accroché à un point fixe, une deuxième bande, deux haltères et un step. Le principe ne change jamais : tu travailles une jambe et le bras opposé en même temps, par exemple une fente arrière jambe droite devant avec un tirage bras gauche. Quatre niveaux, de 15 secondes de travail pour 10 de repos jusqu'à 30 pour 10. En course, la jambe et le bras opposé travaillent déjà ensemble à chaque foulée. Cette vidéo-là non plus n'est pas visible sur la chaîne, tu la trouves ici.
L'enchaînement de gammes se fait entre deux marques à 30 m, sur un sol plutôt souple : montées de genoux, talons-fesses, pas chassés, pas croisés, jambes tendues, puis une gamme au choix ou une accélération progressive. Le rythme et la qualité comptent plus que la vitesse, et tu sens tout de suite si tes appuis claquent au sol ou s'ils rebondissent.
Mesurer, construire la base, gagner du muscle, accumuler, aller vers la force : tu as la carte, avec des repères à ne pas prendre au pied de la lettre. Ce qu'elle ne dit pas, et qu'aucun article ne peut dire à ta place, c'est la durée de chaque étape chez toi, l'ordre exact selon ton sport et le moment où il faut pivoter parce que le gain ne se voit plus sur le terrain. Chez les sportifs que j'accompagne, les blocs durent deux à trois semaines, avec au moins une mesure à chaque séance pour vérifier que ça bouge vraiment.
Il existe plusieurs façons d'organiser une saison, et chacune convient à un profil différent : je les compare dans quatre façons d'organiser une saison. Et si tu te sens plus fort en salle sans que ça se voie sur le terrain, le pont du transfert explique où ça coince.
Toutes les méthodes sont rangées dans la rubrique méthodes de musculation, et les exercices en vidéo dans la bibliothèque de préparation physique.
Pour prolonger cette lecture : « Test 30-15 IFT : mesurer ta VMA intermittente et t'en servir ».
Celle qui travaille ton maillon faible au moment de la saison où tu te trouves. Mesure avant de choisir : le 30-15 IFT pour la course, la force dynamique, la force réactive et le profil force-vitesse pour la salle.
Chez les sportifs que j'accompagne, un bloc dure deux à trois semaines. On pivote dès que le gain ne se voit plus sur les mesures prises en séance.
Oui, avec une charge adaptée : autour de 30 % du maximum chez un débutant, 40 % chez un intermédiaire, 50 % chez un avancé.
Les vidéos d'exercices de ma bibliothèque restent non répertoriées sur YouTube, parce qu'elles servent de base aux plans des sportifs que j'accompagne. Tu y accèdes par les articles, où chacune est replacée dans son contexte.
Le comment tient dans une vidéo de trois minutes ; le quand, c'est ta saison qui le décide.
Si tu veux qu'on regarde où tu en es et dans quel ordre placer ces méthodes chez toi :
Je travaille avec quelques sportifs en suivi individuel.
👉 Le questionnaire de prise de contact est là