
Salut L’athlète, le coach, le passionné de performance,
Il y a une idée profondément ancrée dans le sport. Une idée simple. Rassurante. Presque intuitive.
Si tu veux mieux faire un geste, répète-le. Encore. Et encore. Et encore.
C’est logique. C’est cohérent. Et pourtant… c’est souvent faux.
Ce que j’aimerais partager ici ne vient pas de moi. Ça vient du travail de Rob Gray, chercheur en apprentissage moteur, et de toute une lignée de chercheurs qui ont remis en question notre manière de penser l’entraînement.
Je ne fais que transmettre. Parce que cette idée change profondément la manière de coacher.
Quand on observe un sportif en difficulté, le réflexe est presque toujours le même : corriger la technique. Le geste n’est pas “propre”. Pas assez stable. Pas assez reproductible.
Alors on isole. On ralentit. On répète.
Le problème, c’est que le geste n’existe jamais seul.
Un sprint n’est pas qu’un sprint. Un tir n’est pas qu’un tir. Un changement de direction n’est pas qu’un changement de direction.
Chaque action est une réponse à une situation.
Et c’est exactement là que Rob Gray frappe fort : 👉 on n’apprend pas un mouvement, on apprend à interagir avec un environnement.
Dans beaucoup de situations d’entraînement, on répète un geste… en supprimant ce qui lui donne du sens.
Plus d’opposition. Plus d’incertitude. Plus de contrainte réelle.
Le geste devient propre. Mais il devient aussi hors-sol.
Résultat ? À l’entraînement, tout va bien. En match, en compétition, sous pression… plus rien ne sort.
Ce n’est pas un problème de stress. Ce n’est pas un problème de mental.
C’est un problème d’apprentissage.
Une des idées centrales du travail de Rob Gray, c’est que le mouvement est indissociable de la perception.
On ne bouge pas puis on perçoit. On perçoit pour bouger.
La qualité d’un geste dépend directement :
Si tu changes la perception, tu changes l’action. Si tu figes la perception, tu figes l’apprentissage.
Prenons un exemple très concret.
Un joueur répète des tirs sans gardien. Angle parfait. Placement propre. Tout rentre.
Puis on remet un gardien. Et tout disparaît.
Pourquoi ? Parce que le joueur n’a pas appris à tirer. Il a appris à répéter un mouvement sans information.
Le jour où l’environnement change, le geste n’a plus de repère. Il n’a jamais été calibré pour ça.
Ce que Rob Gray démonte, sans jamais tomber dans l’idéologie, c’est l’illusion de la technique idéale.
Il n’y a pas un bon geste. Il y a un geste adapté à une situation.
Deux athlètes peuvent réussir la même action avec des coordinations différentes. Et vouloir imposer une forme unique, c’est souvent casser l’intelligence du système.
L’apprentissage moteur n’est pas une question de copie. C’est une question d’adaptation.
Si tu es coach, cette idée est inconfortable. Parce qu’elle oblige à lâcher le contrôle.
Tu ne peux plus tout corriger. Tu ne peux plus tout lisser. Tu dois accepter une part de variabilité.
Mais cette variabilité n’est pas du chaos. C’est le terrain d’apprentissage.
Un système qui apprend, c’est un système qui explore. Qui ajuste. Qui fait des erreurs… pertinentes.
Ce que j’aime dans le travail de Rob Gray, c’est qu’il ne promet rien de magique. Il ne vend pas une méthode. Il nous oblige à réfléchir.
Ces idées ne sont pas nouvelles. Elles sont simplement exigeantes.
Elles demandent de renoncer à certaines certitudes confortables. Mais en échange, elles rendent l’entraînement plus juste. Plus vivant. Plus efficace.
Je ne suis pas l’auteur de ces idées. Je suis juste un passeur.
Et si ce texte te bouscule un peu, c’est bon signe. C’est exactement ce que les bons livres sont censés faire.
Romain KATCHAVENDA
J’ai longtemps cherché un endroit où l’entraînement serait enfin lisible. Un espace où tu comprends ce que tu fais, pourquoi tu le fais, et comment progresser sans t’éparpiller.
Je ne l’ai pas trouvé. Alors j’ai commencé à le construire.
Si tu veux voir à quoi ça ressemble concrètement : 👉 Accéder à l’interface RKSP